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dimanche 23 avril 2017

Communes wallonnes. Recommandations 2012 de l'AWT

L'AWT identifie 5 axes majeurs pour des sites Web communaux de qualité et une culture de l'e-innovation au niveau local. Qualité et standardisation des sites. Compétences TIC et sensibilisation. Multicanal. Veille technologique et mutualisation. Médiation numérique et EPN
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Mis à jour le 12/06/2012 | Imprimer | Envoyer
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10 clés pour comprendre les usages Web et TIC des communes wallonnes

L'AWT retient 10 chiffres clés pour comprendre les usages Web et TIC des communes wallonnes:

  • 99,6% des communes ont un site Web (un seul manquant sur 262);
  • 56% des sites ont subi des modifications substantielles depuis 2009 (enquête précédente de l'AWT);
  • 53% est le score global moyen obtenu par les sites Web communaux. 2/3 des sites analysés obtiennent un score global allant de "très bon" à "moyen", et on compte 10% de "bons sites" en plus;
  • 51% des communes ont un Webmaster à temps plein ou partiel;
  • 70% utilisent un CMS pour la gestion de leur site;
  • 45% mettent leur site à jour quotidiennement;
  • 80% répondent à un mail dans les 24 heures;
  • 6% sont actives sur les médias sociaux;
  • 14% proposent des hotspots WiFi sur leur territoire;
  • 67% proposent un lieu d’accès public à l’informatique.

5 axes pour les recommandations de l'AWT aux communes wallonnes

Ces 5 axes sont les suivants:

  • qualité et standardisation des sites;
  • compétences TIC et sensibilisation;
  • multicanal;
  • veille technologique et mutualisation;
  • médiation numérique et EPN.

Qualité et standardisation des sites

En progrès ... mais peut toujours mieux faire! C'est finalement la synthèse du bulletin des sites communaux wallons. Il reste encore une marge de progression importante pour améliorer la qualité des sites, en particulier en matière de qualité technique, d'ergonomie, d'accessibilité et d'interactivité proposée au citoyen.

Les critères désormais respectés par la majorité correspondent aux fondamentaux d'un bon site Web. Les mauvaises pratiques qui étaient monnaie courante il y a quelques années encore (fautes d'orthographe, contenu non actualisé, fenêtres pop-up, frames, etc.) tendent à disparaître. On peut toutefois s'étonner que certains réflexes restent trop rares alors qu'ils relèvent du bon sens: par exemple, tous les sites n'indiquent pas une adresse, un numéro de téléphone ou un e-mail général. Ou encore, pratiquement aucune commune ne surveille la disponibilité en ligne du site .

La taille de la commune influence la qualité de son site Web, mais les contre-exemples existent, dans les 2 sens. Il n'en reste pas moins vrai que les petites communes ont davantage de difficultés à trouver les compétences informatiques nécessaires en interne.

Même si le recours à un CMS est toujours recommandable, cela ne garantit pas la qualité du site Web. On constate d'ailleurs d'importantes disparités entre sites qui ont opté pour un même CMS.

Une fois le site développé via un CMS, et même si la mise à jour est facilitée par ce type d'outil, il reste indispensable qu'une personne en interne coordonne son suivi et sa gestion. Elle devra également veiller à la qualité de son graphisme et de son ergonomie, notamment par le recours à des services professionnels.

Compte tenu de l'impressionnante progression des membres de CommunesPlone et de la standardisation des sites communaux, il est par ailleurs nécessaire de veiller à un accompagnement constant à des fins de garantir la qualité du CMS, en particulier en matière de charte graphique, d'organisation de la structure générale des sites et de qualité du code source.

Compétences TIC et sensibilisation

Il faut encore augmenter la prise de conscience des communes quant à la nécessité de disposer d'un webmaster interne, au moins à temps partiel. La mise à jour du contenu du site en dépend, mais aussi l'interactivité de son contenu.

Le développement d'une véritable stratégie en ligne communale implique la mobilisation de ressources humaines, plus nombreuses qu'on le pense généralement, et disposant d'une expertise spécifique. La formation doit être au centre de cette stratégie, car les compétences des gestionnaires informatiques communaux sont encore limitées en matière d'ergonomie Web, de programmation, de référencement et d'accessibilité. Cette formation doit s'inscrire dans le temps, les TIC se caractérisant par une évolutivité très forte.

Une sensibilisation aux enjeux des TIC des responsables communaux reste une priorité fondamentale. Ils doivent également, et définitivement, prendre conscience de la nécessité de consacrer des ressources et moyens suffisants à leur stratégie en ligne.

Si la fracture numérique ne réside plus essentiellement dans l'équipement informatique et la connexion Internet au domicile, elle persiste et se développe au niveau de la maîtrise des usages du numérique et du multimédia. Il importe donc de susciter chez les élus et le personnel une véritable culture de l'e-innovation.

Multicanal

Les communes sont trop peu présentes sur les réseaux sociaux et n'utilisent pas assez les autres outils d'interactivité en ligne.

Avec l'émergence des outils Web 2.0 et des smartphones, le site Web "classique" n'est plus l'unique canal de communication en ligne. Le citoyen doit pouvoir disposer des informations et services où qu'il soit, sur n'importe quel terminal. C'est d'autant plus stratégique que les natifs digitaux adoptent massivement ces nouveaux usages.

Les communes n'ont pas encore pris la mesure du potentiel des réseaux sociaux pour augmenter leur visibilité, générer davantage de trafic sur leur site Web et créer une communauté active autour d'elles. On soulignera toutefois que plusieurs communes ont compris l'utilité des réseaux sociaux pour la gestion de crises et des circonstances exceptionnelles.

Par ailleurs, les communes exploitent peu les opportunités de Web 2.0 en termes d'e-participation citoyenne. Elles ne doivent pas forcément initier ce type de projet, mais elles peuvent accompagner l'e-participation citoyenne et favoriser la gouvernance citoyenne par le biais des TIC. Cela participera ultérieurement au développement des "villes intelligentes" et augmentera le recours au crowdsourcing et à l'Open data .

L'ubiquité mobile est l'une des tendances majeures des TIC. Elle n'est pas encore assez prise en compte par les communes. Trop peu proposent un site adapté au mobile. Moins encore des applications mobiles.

En matière de tourisme et de valorisation du patrimoine, les communes s'équipent pourtant d'outils à destination des smartphones (QR codes, balises NFC, etc.). Mais ces outils n'apportent pas toujours la valeur ajoutée espérée du fait que le contenu auquel ils renvoient est peu ou pas optimisé pour une utilisation sur smartphone. Les communes n'assurent par ailleurs pas assez la promotion des réalisations qu'elles proposent pour smartphones.

De même, alors que les connexions sans fil se multiplient sur tout le territoire belge, les communes ne déploient pas suffisamment d'applications sans fil intégrées à l'activité des services communaux ou utiles à leurs citoyens.

Etre présent sur un réseau social ou via tout autre canal interactif doit s'inscrire dans une stratégie de communication réfléchie, notamment par rapport aux buts poursuivis et aux retours attendus, et nécessite animation et promotion.

Veille technologique et mutualisation

La veille technologique et stratégique en matière de TIC est absolument cruciale. La mise en place de structures collaboratives, pour la veille technologique, le partage de compétences et l'échange de bonnes pratiques, est une piste à suivre. L'AWT constate par ailleurs avec satisfaction la présence plus régulière de représentants communaux à ses événement de veille, comme le M-Forum par exemple.

Il faut également capitaliser sur les initiatives innovantes de certaines communes, par exemple via des témoignages ou des événements spécifiques. En effet, c'est par l'illustration concrète ou même des tests pratiques, si c'est possible, qu'un véritable effet d'entraînement peut être mis en place.

Les communes n'intègrent pas encore suffisamment les e-services proposés dans le fonctionnement de leur administration. Les sites Web communaux doivent évoluer vers de véritables plateformes interactives intégrant l'ensemble des processus. Cela nécessite de modéliser ces processus afin de permettre une véritable mutualisation des développements et des applications, tout en garantissant une modularité suffisante pour respecter les spécificités des petites communes. Cela pourrait être un enjeu pour la nouvelle intercommunale IMIO qui regroupe les services de CommunesPlone et Qualicité.

Si le nombre de communes coopérant avec d'autres pour des projets informatiques et TIC est en progression constante, il faut soutenir toute initiative en la matière. C'est particulièrement vrai pour les communes de petite taille.

Beaucoup de communes sont intéressées par des solutions de formation et d'accompagnement à l'utilisation des TIC pour combler leurs manques en la matière. Elles souhaitent aussi accroître leurs connaissances en matière de nouveautés technologiques, et surtout savoir comment elles peuvent les appliquer utilement pour leur personnel, leurs citoyens ou leurs visiteurs.

Médiation numérique et EPN

Les communes doivent développer les animations organisées dans leurs espaces publics numériques. Elles doivent être soutenues dans leurs démarches. Des modules-types d'animations portant sur les usages avancés des TIC devraient être développés et mutualisés pour l'ensemble des EPN labellisés, avec la collaboration des divers acteurs spécialisés en Wallonie. Si cette approche a déjà été amorcée, il faut l'amplifier et s'assurer de la participation du plus grand nombre d'acteurs concernés. Cela doit pouvoir se réaliser au travers du Centre de ressources des EPN de Wallonie et du Réseau des animateurs de ces EPN, dont la plateforme Ning doit être valorisée.

Il faut aider le citoyen à "domestiquer" les TIC afin de lutter contre une nouvelle fracture numérique liée aux usages avancés des TIC. Il faut faciliter l'accompagnement des publics variés d'une commune vers l'autonomie dans les usages quotidiens des technologies, services et médias numériques. Tout cela nécessite des compétences multiples au niveau de l'animation dans les EPN. Ceux-ci peuvent notamment s'appuyer sur les compétences disponibles dans les organismes régionaux spécialisés, mais aussi collaborer davantage entre eux.

Par ailleurs, les animateurs multimédia doivent être valorisés dans leur fonction, à l'instar des informaticiens et webmasters communaux. La question de la définition et de la reconnaissance des nouveaux métiers du Web par les pouvoirs publics est toujours d'actualité. Etant donné sa complexité, elle n'est pas encore effective même si la réflexion est en cours au niveau wallon.

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